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picto Connaitre les dangers de la paratuberculose bovine


La paratuberculose bovine est une maladie chronique, infectieuse et contagieuse. Elle est caractérisée par l'apparition d'une diarrhée aqueuse, d'abord intermittente puis constante, et par un amaigrissement progressif qui conduit à la cachexie. C'est la maladie qui, actuellement, préoccupe le plus les éleveurs et les vétérinaires. Elle inquiète parce qu'elle se termine toujours, une fois déclarée, par la mort de l'animal. Elle inquiète aussi parce qu'il n'y a pas de traitement. Pourtant, l'agent responsable est une bactérie. Il n'est pas facile d'admettre que les antibiotiques sont inefficaces. Elle inquiète enfin, et encore davantage, depuis l'arrêt de la commercialisation d'un vaccin, pourtant efficace, sur lequel il était rassurant et confortable de pouvoir compter.


A l'abattoir, les animaux malades de paratuberculose sont euthanasiés

Quel est l'impact de la paratuberculose sur un cheptel ?

 

Sur le plan économique, la paratuberculose est une maladie très lourde. Outre les cas de mortalité, elle se traduit par des interdictions de commercialisation pour la boucherie des animaux cliniquement malades, qui doivent obligatoirement être euthanasiés.

De surcroît, les autres animaux contaminés subissent des pertes de valeur bouchère et de production laitière.

Enfin, en affaiblissant les défenses naturelles, la paratuberculose pourra se compliquer de problèmes de mammites ou de fécondité.


Comment la paratuberculose évolue-t-elle dans un troupeau ?

 

La paratuberculose est une maladie qu'il faut craindre, car elle s'installe sournoisement.

Elle évolue en effet très lentement. La période d'incubation (le temps écoulé entre la contamination et l'apparition des symptômes) peut durer plusieurs années pendant lesquelles rien ne se passe cliniquement, mais qui permettent au microbe de se multiplier et de se répandre dans l'élevage.

C'est pourquoi, quand le premier cas est détecté, on peut se retrouver face à une situation déjà difficile à gérer. Prenons un exemple :

Une vache de quatre ans est déclarée positive à la suite des examens de laboratoire. Si ce bovin est né dans l'exploitation, cela signifie que, quatre ans auparavant, il y avait déjà au moins un bovin excréteur de bactéries, puisque la maladie est le plus souvent contractée pendant les premières semaines de vie.

Le dessin ci-dessous décrit plus précisément un troupeau contaminé. Vous constaterez qu'on peut alors schématiser la situation en la représentant par un iceberg : les bovins malades en sont la petite partie visible. Les bovins contaminés - la partie cachée - sont beaucoup plus nombreux !


Répartition des cas de paartuberculose dans un élevage

Pourquoi la contagion est-elle si importante ?


Dans un troupeau contaminé, la contagion est importante parce qu'il peut y avoir de nombreux excréteurs, mais aussi parce qu'un animal excréteur peur contaminer à lui seul tout un troupeau. Quelques milliers de bactéries suffisent à infecter un veau, alors qu'un gramme d'excrément de bovin diarrhéique peut en contenir plus de 100 millions !

Autre facteur aggravant : la bactérie est très résistante dans l'environnement.


Les tests à l'achat sont indispensables mais n'apportent pas une garantie parfaite

En tant qu'éleveur, dois-je me sentir concerné par la paratuberculose ?


Tous les éleveurs sont concernés par la paratuberculose bovine ! Il y a ceux qui en ont et qui le savent ; ceux qui en ont et qui ne le savent pas encore ; et ceux qui sont indemnes, mais ce statut peut être remis en cause facilement. Les risques d'introduire la maladie sont importants :

  • à l'achat : les tests, quand ils sont pratiqués, ne sont pas très fiables.
  • lors de contaminations venues de l'extérieur : lisiers, eau des rivières, mélanges de troupeaux, voisinage...

 

Devant ce tableau alarmiste, il faut plus que jamais rester positif et se dire qu'on peut, et même qu'on doit réagir. Pour être efficace, il faudra agir vite, fort et longtemps.


Ces efforts porteront essentiellement sur deux points :

1/- le diagnostic : pour détecter et éliminer au plus vite les malades et les excréteurs.

2/- la conduite d'élevage : pour limiter, autant que faire se peut, la contamination des veaux de la naissance à l'âge d'un an.