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picto La détection des chaleurs, clé de voûte d'une fécondité maîtrisée en élevage laitier !


La détection des périodes de chaleur des vaches et des génisses en élevage laitier est essentielle à l’obtention de bons résultats de reproduction, particulièrement depuis la généralisation du recours à l’insémination artificielle, mais également en cas de monte naturelle. C’est un véritable temps d’élevage, délicat à maîtriser, qui demande non seulement à l’éleveur une très bonne connaissance du comportement sexuel des bovins, mais également beaucoup de précision et d’attention.


Pas de réussite à l'insémination sans bonne détection des chaleurs !

Quel mécanisme est à l'origine des chaleurs ?


Le comportement sexuel des vaches est une activité cyclique qui débute à la puberté. Les chaleurs (ou oestrus) correspondent à la période de réceptivité sexuelle des femelles pubères et non gestantes. Elles durent 6 à 30 heures et se répètent en moyenne tous les 21 jours, mais la durée du cycle peut varier de 18 à 24 jours.

Les modifications de comportement observées autour des chaleurs sont la conséquence directe d'une montée d'œstrogènes, hormones secrétées par le follicule pré-ovulatoire.

Ces modifications peuvent donc aussi être induites artificiellement, par tout autre événement augmentant le taux d'oestrogènes de la vache.  C'est parfois le cas avec la consommation de fourrage riche en phyto-oestrogènes (trèfle).


Comment se manifestent les chaleurs ?


 Les manifestations du comportement sexuel en période de chaleurs sont de deux types :

  • D'une part, une réduction du temps consacré à l'alimentation et au repos et une augmentation générale de l'activité physique : augmentation du temps passé debout, augmentation des déambulations (dans 75% des cas le jour des chaleurs, dans 25% des cas le jour suivant) ;
  • D'autre part, un certain nombre de comportements spécifiques (voir tableau 1 ci-dessous), qui ne se produisent qu'en présence d'autres vaches, elles-mêmes sexuellement actives. Aussi, quand les périodes de chaleurs ont été regroupées dans un troupeau, les dernières vaches en chaleur sur la période peinent à trouver un partenaire encore actif et expriment beaucoup moins ces comportements.

 

Une bonne détection de la période des chaleurs proprement dite est essentielle pour programmer le moment de l'insémination (tableau 1). Il est donc nécessaire de savoir distinguer les signes les plus évocateurs et de se donner les moyens de la faire.


Tableau 1 : Manifestations des chaleurs et moment idéal de l’insémination

Quels signes doivent être pris en compte pour bien détecter les chaleurs ?


Parmi les manifestations spécifiques des chaleurs, l'acceptation du chevauchement est classiquement décrite comme le signe spécifique de la période de chaleur, à détecter en priorité. En effet, il ne se manifeste qu'au moment des chaleurs proprement dites.

Toutefois, en y regardant de plus près (tableau 2), on constate qu'il ne se manifeste que chez 70% des vaches hautes productrices et un nombre de fois très restreint. Il paraît donc très difficile de ne pas rater de chaleurs en ne se basant que sur cette observation !

 

A contrario, l'intérêt porté à la zone arrière (reniflement de la vulve des congénères, pose de tête sur la croupe...) se manifeste certes avant, pendant et après les chaleurs, mais dans 100% des cas et beaucoup plus souvent pour chaque animal. Il est donc beaucoup plus facile à observer. C'est un meilleur critère initial.

 

Une bonne gestion de l'observation des chaleurs associera donc la recherche du critère spécifique (acceptation du chevauchement) et l'observation de ce critère constant (intérêt pour la zone arrière).

Ainsi, en cas de répétition de recherche de contact de la part d'une vache (2 à 3 fois en ¼ d'heure), couplée à un élément de confirmation (chaleurs 3 semaines avant, chevauchement actif ou détecteur de chevauchement positif), on en déduira que la vache est en chaleur, malgré la non observation de l'acceptation de chevauchement.

 


Tableau 2 : Fréquence et durée des manifestations de chaleurs

Comment s'organiser pour optimiser la détection ?


Le respect de quelques règles essentielles (tableau 3), qui supposent une observation quotidienne et répétée du troupeau, permet d'obtenir les meilleurs résultats, en tenant compte des périodes préférentielles d'expression des chaleurs dans le troupeau (la plupart des tentatives de chevauchement se déroulent la nuit, aux premières heures de la journée et en fin de soirée).


Il s'agit véritablement d'une contrainte d'organisation pour l'exploitant laitier, mais la détection des chaleurs doit être considérée comme un temps d'élevage fondamental.

 

Tableau 3 : Recommandations pour la détection des chaleurs

Quand observer ?


Le matin après la traite

Le soir (après le film !...)

En dehors des périodes d'activité habituelles. Il est indispensable de consacrer à chaque fois un temps spécifique à la détection (15 à 20').

Qui détecte ?



Tous les membres de l'exploitation participent à la détection des chaleurs, mais un seul est nommé « responsable reproduction » et programme les inséminations.

Qui note ?

Tous les membres de l'exploitation notent leurs observations.

Sur quel support ?


Au choix mais un seul support commun à tous, consultable à tout moment par le responsable reproduction.