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picto Les origines des mammites – Portrait robot des responsables


Maîtriser les concentrations cellulaires dans les élevages et éviter l’apparition des mammites cliniques constituent naturellement des priorités pour les producteurs laitiers.

L’origine d’une augmentation de taux cellulaire, liée ou non à une mammite clinique est toujours identique. Elle résulte de la contamination d’un ou plusieurs quartiers par des microbes.

Par réaction, les défenses immunitaires de l’organisme se mobilisent et une quantité importante de cellules de défense sont acheminées par le sang, jusqu’à la mamelle. Un grand nombre de ces cellules finissent leur parcours dans le lait : le taux cellulaire des quartiers concernés augmente !


Quels sont les principaux microbes responsables des mammites cliniques ?

 

Trois microbes sont responsables à eux seuls de 80% des mammites cliniques. Ces trois microbes sont des bactéries. 20% sont le fait de staphylocoques, dont le staphylocoque doré : Staphylococcus aureus. 30% sont provoqués par des streptocoques et en particulier par Streptococcus uberis. Enfin, trente autres pour cent par un troisième type de microbe : les Escherichia coli.


Les mêmes bactéries sont-elles responsables des mammites sub-cliniques ?

 

Certains élevages connaissent des problèmes de cellules mais peu de mammites cliniques. On parle alors de mammites sub-cliniques. Un microbe en particulier, le Staphylococcus aureus, provoque ce type de mammites. Les comptages cellulaires individuels d'une vache infectée fluctuent entre 100 000 et un million de cellules par ml de lait, alors que rien de visible ne se produit (voir figure ci-contre). Le lait finit donc dans le tank... avec ses cellules !

Streptococcus uberis et - plus rarement - Escherichia coli peuvent aussi entraîner des mammites sub-cliniques. Le plus souvent, il s'agit de mammites cliniques non guéries après un traitement mal adapté ou mal conduit.


Comment expliquer que les mêmes microbes peuvent entraîner des mammites cliniques ou sub-cliniques ?

 

Ce phénomène s'explique par la façon dont réagit l'organisme de la vache, confronté à une contamination bactérienne.

La mamelle est en permanence au contact de nombreux microbes, sur la peau des trayons et dans les litières. Quant elle a lieu, la contamination de la mamelle s'effectue toujours par une seule porte d'entrée : le sphincter du trayon. Dès lors, l'organisme de la vache mobilise ses défenses (les cellules) pour éliminer les envahisseurs. Trois situations peuvent alors se présenter :

  • 1/- Les cellules l'emportent et débarrassent la mamelle des microbes : c'est la guérison. Ce cas de figure se produit très souvent sans que personne ne s'en aperçoive. Les défenses naturelles de nos bovins sont heureusement très efficaces.
  • 2/- Les microbes prennent le dessus : c'est la mammite clinique. Les défenses immunitaires de la vache doivent alors être aidées par un traitement médical.
  • 3/- Les forces s'équilibrent. Une guerre de tranchée s'installe durablement entre les cellules et les microbes. C'est la mammite sub-clinique. Cette situation se produit parfois naturellement, d'autres fois à la suite d'un traitement insuffisant ou mal maîtrisé.

 

L'issue de la lutte dépend donc de l'agressivité du microbe, de la capacité de l'organisme de la vache à se défendre correctement, mais aussi de la manière dont on l'y aide. Il est donc facile de comprendre comment un traitement mal conduit aide insuffisamment les défenses de la mamelle, ne leur permet pas de surclasser les microbes et conduit à une mammite sub-clinique.


Maîtriser la traite est un facteur clé pour limiter la contamination

A quel moment se produit la contamination de la mamelle ?

 

La contamination est susceptible de se produire aussi bien hors-traite que pendant la traite. Hors traite, ce sont les microbes de la litière qui sont concernés. Ils peuvent pénétrer dans la mamelle en plusieurs circonstances :

  •  si le sphincter est abîmé et donc non étanche,
  •  en cas de couchage prématuré après la traite,
  •  si la litière est salle et/ou les bâtiments mal conçus,
  •  en cas de prolifération bactérienne dans la litière.

 

Pendant la traite, la contamination s'effectue d'une vache à l'autre via les manchons ou par les microbes présents à la surface des trayons. Cette contamination peut intervenir si l'hygiène de traite est défectueuse ou en cas de mauvaise traite, favorisant l'entrée des germes. Dans ce cadre, un bon réglage de la machine à traire a une grande importance.


La bactériologie permet de préciser le diagnostic en cas de doute.

Comment être certain d'avoir choisi le bon traitement et éviter les problèmes de récidive et de mammites sub-cliniques ?

 

Identifier le type de microbe présent dans un élevage est essentiel dans la détermination d'une stratégie de lutte contre les problèmes de cellules. Le conseil de votre vétérinaire est primordial ! Un bon diagnostic d'élevage lui permettra d'établir une suspicion et d'orienter les traitements. En cas de doute, une analyse de laboratoire - une bactériologie - pourra être nécessaire.