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picto La qualité de l’eau d’abreuvement en élevage


L'eau, facteur limitant primaire de toute production animale ou végétale représente, à tous les niveaux, un "poids" appréciable : 87,2 % d'un lait de vache standard, 75 % d'une viande, 70 % d'un veau nouveau-né et 65 % chez sa mère. L'eau servie aux animaux doit être, potable, et servie ad libitum.


Quels sont les besoins en eau des animaux d'élevage ?


Les consommations moyennes d'eau s'élèvent à :

  • 100 L / j par vache en lactation
  • 30 L / j par truie
  • 4-15 L / j par veau
  • 2 L / j pour une lapine et sa portée
  • 4000 L / j pour 1 poulailler de 1000 m²

 

Aucune norme de qualité de l'eau de boisson pour les animaux n'étant imposée à l'éleveur, les tolérances bactériologiques et chimiques se calquent sur celles fixées officiellement pour l'homme.


Quelles analyses réaliser pour vérifier la qualité de l'eau d'abreuvement ?


La fiabilité des résultats dépend de la qualité et du lieu du prélèvement (le plus près possible de la source d'abreuvement).

 

L'analyse d'eau "complète" (bactériologique, chimique et paramètres indicateurs) peut constituer un outil d'aide au diagnostic permettant un bon état des lieux, en première intention, surtout dans le contexte de captages privés.

 

Une analyse bactériologique annuelle est un minimum (aucun E. coli ni Streptocoques fécaux/100 ml, aucun Clostridium sultitoréducteurs/20 ml). Les flores fécales diffèrent d'une espèce à l'autre :

  • l'homme : flore à E. coli 4 fois plus nombreuse que S. fécaux
  • la vache : flore à E. coli 6 fois moins nombreuse que S. fécaux
  • le porc : flore à E. coli 20 fois moins nombreuse que S. fécaux

La proportion de ces flores dans l'eau oriente sur la source de pollution. Une eau sera dangereuse à partir de 20 colonies/100 ml.

 

L'analyse chimique concerne surtout les nitrates (50 mg/L) et les nitrites (0,1 mg/L), parfois les métaux lourds (Plomb et Cadmium) et les pesticides. Une eau riche en nitrates a souvent une charge bactériologique élevée, et réduit les défenses de l'organisme.

Les concentrations maximales des nitrates s'observent en janvier-février-mars, et en septembre-octobre-novembre pour les pesticides.

 

Les paramètres indicateurs principaux sont les caractères "organoleptiques" (odeur, saveur, couleur : une eau trouble n'est pas potable !), le pH (6,5-8,5), le fer (<0,1 mg/L, responsable d'entartrage - biofilm des canalisations, de coloration excessive des carcasses de veaux de boucherie, d'hémochromatose chez certaines souches de porcs), la teneur bactérienne totale (<50/ml à 37°C, < 500/ml à 22°C), les coliformes totaux (0/100 ml). A noter qu'une eau tirant 1000 coliformes totaux minimum/100 ml est suspecte de véhiculer des salmonelles.


Quelles maladies peuvent être causées par une eau de mauvaise qualité ?

 

Toute pathologie aiguë entéritique et à allure contagieuse pouvant évoquer une salmonellose, ou toute affection susceptible d'être multifactorielle (avortements non brucelliques, stérilités...) peut nécessiter une analyse d'eau. L'eau est aussi un véhicule potentiel de matière organique, de nutriments, de bio-agresseurs (virus, bactéries, parasites, toxiques de type pesticides ou métaux lourds). Souvent, en élevage de type industriel, elle peut constituer un vecteur d'administration de molécules à visée thérapeutique : un animal malade est souvent anorexique mais continue de boire.


Quelles méthodes utiliser pour la désinfection de l'eau ?


En présence d'une qualité défaillante de l'abreuvement et avant tout achat de matériel sophistiqué, on ne peut que conseiller "un passage à l'eau du réseau public, pendant 6 mois, pour voir".

 

La désinfection d'un puits se fait par adjonction de 50 à 100 ml d'eau de javel à 48° chlorométriques par m3 d'eau dans un puits préalablement vidé, nettoyé et brossé si nécessaire. Agiter et laisser reposer 24 à 48 heures, puis vider totalement et laisser revenir l'eau en ne rejetant pas directement l'eau fortement chlorée dans le milieu aquatique.

 

Désinfection d'une canalisation : 1 L d'eau de javel à 48° c. pour 1000 litres d'eau, pour 30 min de contact, 350 ml pour 12 heures de contact.

 

Désinfection de l'eau : 10 à 15 ml d'eau de javel pour 1000 litres d'eau.

 

L'examen d'une analyse d'eau et l'appréciation de sa qualité sont à considérer dans leur globalité en intégrant les facteurs zootechniques et pathologiques particuliers à l'élevage concerné. Le rôle du praticien est de réaliser une synthèse entre les divers éléments d'aide au diagnostic.